Le petit cheval du val

Le petit cheval du val

Le petit cheval du val


je fus chaton,
je fus dragon,
j’suis plus qu’un cheval.
même pas blanc,
même pas devant,
menant au petit val.

chaton mais lion,
dragon mais papillon,
jamais de printemps estival.
juste un éclair blanc,
juste le vent levant,
militaire à la bouche ovale.

je fus « combattons ! »,
je ne suis plus qu’estragon,
le courage en cavale.
tous derrière de faux-semblants,
tous derrière leur contrevent,
eunuque du cresson bleu post festival.

je fus chaton,
je fus dragon,
j’suis moins qu’un cheval.
poitrine tranquille, membres tremblants,
bête de somme qu’on revend,
espoir de printemps ? Ravale !

on achève bien les chevaux


Poème noir, Saignement d’encre numérique. Voici un poème où j’ai voulu rappeler le petit cheval blanc de Brassens, tout en parsemant d’allusions au Dormeur du val d’Arthur Rimbaud.

A propos manuraanana

https://manuraanana.wordpress.com/
Cet article, publié dans Poésie, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Le petit cheval du val

  1. Etty dit :

    Le lien entre la chanson de Brassens er le dormeur du Val est intéressante pour le rappel du chemin de vie et de la vanité des événements puisque tout finit de la même manière…
    Je nai cependant pas compris cette phrase: “tous derrière leur contrevent,
    eunuque du cresson bleu post festival.”
    Bravo en tous cas pour cette production empreinte de tristesse et de nostalgie.
    Etty

    Aimé par 2 personnes

    • manuraanana dit :

      Bonjour et merci pour ce commentaire.
      Dans ce poème tous derrière fait écho au « Tous derrière et lui devant » du petit cheval blanc.
      « tous derrière leur contrevent, » fait suite à « tous derrière de faux-semblants, » en allant plus loin, le contrevent est un type de persienne (un volet) derrière lequel « les gens » se cachent épient sans être vus. C’est une critique aux « gars du village » qu’emmène le petit cheval blanc.

      En écrivant « eunuque du cresson bleu post festival » je me rendais bien compte du peu de lisibilité de cette phrase. Il faut y voir une référence directe à « Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, » du dormeur du val. J’ai volontairement castré notre pauvre soldat pour lui enlever toute velléité de vouloir profiter de la vie. Lui laissant pour seule médaille, « du cresson bleu » (le bleu est la couleur du sang des Nobles dont est maculé le cresson). Le cresson en plus de faire une référence directe au dormeur du val, fait écho à ESTRAGON (4 vers plus haut) personnage qui incarne le pessimisme dans « En attendant Godot » de Samuel Beckett.
      Ces deux vers font en même temps référence à des plantes herbacées.
      « post festival » est sans doute plus difficile à expliquer, mon dictionnaire de rime s’étant essoufflé je me vis contraint de prendre festival mais de lui adjoindre un sens négatif: la fête est finie car la vie n’est plus : post festival.
      En un sens cette « médaille » cresson bleu est à titre posthume.

      J'aime

  2. etty dit :

    Merci pour votre réponse si détaillée. Beaucoup de renvois, riche d’imagination !

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s